La généralisation d’une utilisation excessive des antibiotiques à large spectre a non seulement permis le développement d’infections au staphylocoque doré résistant à la méthicilline (SDRM), mais aussi à des infections secondaires par des levures comme Candida albicans.
Face au développement des maladies nosocomiales, la seule alternative fiable à l’usage des antibiotiques semble être celle des huiles essentielles.
Plusieurs études ont confirmé que les HE riches en phénols comme l’HE d’origan, de sarriette des montagnes ou d’écorce de cannelle de Ceylan sont capables d’éliminer 98 % des bactéries pathogènes comme Escherichia coli, les Salmonelles ou le
Staphylocoque doré.

Mode d’action des HE anti-infectieuses

  • Action bactéricide par désorganisation des membranes bactériennes (thymol, carvacrol). Des fuites d’ions potassium sont observées lorsque des bactéries comme E. coli & Staphylococcus aureus sont au contact d’HE de tea tree (Melaleuca alternifolia)
  • Action bactériostatique : inhibition de la croissance ou l’activité des bactéries pathogènes. Les HE de nature acide et réductrice acidifient le terrain alcalin sur lequel se développent les bactéries
  • Action immunomodulante : agit sur la coordination de la réponse immunitaire
  • Maintien de l’équilibre du microbiote intestinal, responsable à 70% de notre immunité, contrairement aux antibiotiques, dont un des effets secondaires est la destruction partielle de l’effet de barrière constitué par la flore intestinale.
E. coli

Les principales familles de molécules aromatiques anti-infectieuses

Les huiles essentielles sont constituées d’un « cocktail » de molécules aux propriétés variées agissant en synergie : le totum aromatique, ce qui les rend supérieures aux antibiotiques constitués d’une unique molécule.

  • Le groupe des phénols regroupe les molécules possédant la meilleure activité anti-infectieuse (surtout anti-bactérienne).
Source : ELPM
  • Les monoterpénols (alcools à 10 atomes de carbone) présentent un large spectre d’action anti-infectieuse (géraniol, linalol, myrcénol, thujanol, α terpinéol, menthol….). Le terpinène 1-ol 4 présent dans Melaleuca alternifolia (tea tree) et l’α terpinéol que l’on retrouve dans Cinnamomum camphora CT 1.8 cinéole (ravintsara) sont également de bons anti-viraux et d’excellents immunomodulant, en augmentant les immunoglobulines IgA (immunité des muqueuses)
  • les oxydes, en particulier le 1.8 cinéole ou eucalyptol sont également de bons anti-infectieux, de bons immunomodulant, et possède une activité mucolytique (fluidifiant les mucosités) et expectorante dans le soin des voies respiratoires.
  • les aldhéhydes terpéniques que l’on retrouve dans Cymbopogon citratus (lemongrass) sont également bactéricides. Litsea citrata (litsée citronnée) contient 75% de néral et de géranial et possède un potentiel anti-fongique intéressant en particulier contre les Candida albicans.
  • les lactones sesquiterpéniques ont également une activité anti-fongique, comme alantolactone présente dans Inula graveolens (inule odorante)

Les principales HE anti-infectieuses

HUILES
ESSENTIELLES
COMPOSANTS
PRINCIPAUX
VOIE
INTERNE
VOIE
EXTERNE
PROPRIÉTÉS
Ajowan
Trachyspermum
ammi
Apiacées
Thymol, carvacrol
paracymène,
camphène
+++20 %
Dilution max
Anti-bactérien majeur à
large spectre d’action.
+++ infections parasitaires.
+++ mycoses cutanées.
Bois de Ho
Cinnamomum
camphora CT
linalol

Lauracées
90 % linalol+++++Anti-infectieux et tonique
Stimulant immunitaire.
+++ infections pédiatriques.
Excellente tolérance
cutanée.
Cannelle de
Chine

Cinnamomum
cassia

Lauracées
Cinnamaldéhyde
eugénol
+++Dilution 20
% max
Anti-bactérien puissant à
large spectre d’action.
Puissant tonique du SN
sympathique.
Eucalyptus
radié

Eucalyptus
radiata ssp
radiata

Myrtacées
1.8 cinéole
Terpinène 1 ol 4
alpha terpinéol,
linalol
++++++Anti-infectieux.
Anticatarrhale et
expectorant.
Antiviral et
immunostimulant.
Eucalyptus
mentholé

Eucalyptus
dives

Myrtacées
Pipéritone
phellandrène,
camphène
Avec prudenceDilution
+++
Mucolytique, lipolytique.
Anti-bactérien.
Déconseillé chez les enfants de moins de 6 ans.
Déconseillé femme enceinte et allaitante.
Clou de
girofle

Eugenia
caryophyllus

Myrtacées
Eugénol
acétate d’eugény
+++++
20 %
Dilution max
Anti-bactérien très puissant.
Fongicide et parasiticide.
Stimulant immunitaire. Tonique utérin.
Laurier noble
Laurus nobilis
Lauracées
Linalol, terpinène
1 ol 4
1.8 cinéole
acétate de
terpényle et de
linalyle
lactone :
costunolide
++++++
dilution
Mucolytique et expectorant.
Anti-bactérien et anti-viral
Fongicide.
Antalgique et antinévralgique.
Déconseillé au début de
grossesse.
Allergie possible.
Marjolaine
des jardins

Origanum
majorana

Lamiacées
Linalol, terpinène
1 ol 4
thuyanol
pinènes,
sabinène,
myrcène
+++++
Dilution
Anti-bactérien puissant.
Fongicide.
Stimulant immunitaire.
Anti-spasmodique.
Calmant nerveux.
Niaouli
Melaleuca
quinquenervia
CT cinéole

Myrtacées
1.8 cinéole
alpha terpinéol,
terpinène 1 ol 4
viridiflorol,
nérolidol
++++++
Pure ou
diluée
Expectorant, anticatarrhale.
Anti-bactérien et anti-viral.
Fongicide ;
Décongestionnant veineux,
radioprotecteur.
Origan
Origanum
compactum

Lamiacées
Carvacrol,
thymol.
linalol, terpinène
1 ol 4
pinènes,
myrcène,
terpinène
+++
Capsules
oléoaromatiques
++
Dilution
obligatoire
Anti-bactérien majeur à
large spectre d’action.
Antiviral.
Stimulant immunitaire.
Tonique général.
Dermocaustique.
Déconseillé chez la femme
enceinte.
Palmarosa
Cymbopogon
martinii var.
motia

Poacées
Géraniol, linalol,
nérol
acétate de
géranyle
formiate de
géranyle
+++
Pure ou
diluée
Anti-bactérien puissant.
Fongicide +++.
Anti-viral.
Stimulante immunitaire.
Cicatrisant.
Utérotonique.
Ravintsara
Cinnamomum
camphora CT 1.8
cinéole

Lauracées
1.8 cinéole
alpha terpinéol
Terpinène 1 ol 4
++++++
Pure ou
diluée
Anti-viral +++.
Stimulant immunitaire +++.
Anti-catarrhale et
expectorant.
Neurotonique.
Décontracturant
musculaire.
Sarriette des
montagnes

Satureja
Montana

Lamiacées
Carvacrol
thuyanol 4,
terpinéol
paracymène
terpinènes
+++Dilution
obligatoire.
Anti-bactérien puissant à
large spectre d’action.
Anti-viral.
Fongicide, anti-parasitaire.
Antalgique par voie cutané.
Tonique général.
Tea tree
Melaleuca
alternifolia

Myrtacées
Terpinéol.
terpinène 1 ol 4
1.8 cinéole
++++++
Pure ou
diluée
Anti-bactérien à large
spectre d’action.
Fongicide +++.
Parasiticide.
Stimulant immunitaire.
Réparateur cutané.
Source : ELPM

Accompagnement d’une pathologie des voies respiratoires

L’utilisation d’HE sera mis en application rapidement, après avoir consulté votre médecin pour écarter tout risque de pathologie grave. Renseignez vous au préalable sur la toxicité et les précautions d’emploi de chacune des huiles essentielles utilisées auprès d’un praticien spécialisé en aromathérapie.

Le processus infectieux évoluant par période de 7 jours, on utilisera les HE de manière intensive pendant 3 jours puis pendant 4 jours de manière plus modérée.

L’expérience montre qu’il faut adjoindre aux huiles essentielles anti-infectieuses
(phénoliques et terpénoliques) des huiles essentielles mucolytiques (cétones,
lactones) pour « nettoyer le terrain » et des huiles essentielles expectorantes et
décongestionnantes (1.8 cinéol, monoterpènes) pour s’opposer à la stase
lymphatique.

Huiles essentielles et affections respiratoires :

  • HE essentielles anti-infectieuses, bactéricides, viricides et immunostimulantes :
    • Phénols : origan, sarriette, thym à thymol
    • Monoterpénols : thym à linalol, marjolaine, tea tree
  • HE expectorantes et décongestionnantes :
    • Oxydes : 1.8 cinéoles (eucalyptus globulus, eucalyptus radié, romarin 1.8 cinéole, ravintsara, myrte communde, niaouli, cajeput)
  • HE mucolytiques :
    • Cétones : eucalyptus dives à pipéritone
    • Lactones : laurier noble
  • HE hépatoprotectrice à visée de drainage : romarin off. à verbénone, citron, menthe poivrée
  • HE anti-infectieuse par voie respiratoire et relance de l’axe hypophyse surrénales :
    • Monoterpènes : épinette noire, pin sylvestre, cyprès, sapin baumier

Les informations et les applications pratiques décrites sur ce site ne sont données qu’à titre pédagogique, elles ne remplacent en aucun cas l’avis médical indispensable dans l’établissement d’un diagnostic et dans l’appréciation du degré de gravité de la pathologie.